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Moi, Peter Pan – Michael Roch

Le peuple de Mu
136 pages

Résumé du livre

( 4ème de couverture )
« – Tu pleures ?
Les montagnes sont bleues derrière ses yeux. Une couleur de pluie passée qui regarde, une fois au sol, le souvenir amer de son nuage.
– Peter, répète-t-elle, tu pleures ? »
Offrant une nouvelle vision du personnage, complémentaire et à la fois détachée de celle imaginée par James M. Barry, Michael Roch revisite le mythe du garçon qui ne veut pas grandir.
Moi, Peter Pan est un roman contemplatif, onirique et d’une poésie saisissante à lire en empruntant le chemin vers la deuxième étoile à droite avant de filer tout droit jusqu’au matin…

Mon avis

J’aime les prises de risques. Et ce roman en est une. S’attaquer à ce monument de la littérature jeunesse qu’est devenu Peter Pan n’est pas une entreprise facile pour un jeune auteur. L’un des premiers écueils possibles est la transgression de l’essence de l’œuvre originelle. Non seulement Michael Roch évite cet impair en nous replongeant dans ce fantastique Pays Imaginaire ( et son univers étendu, avec Hook, le film). Mais il parvient également  à donner une nouvelle perspective tout en délicatesse et en nuance.

Nous allons suivre Peter Pan, plus âgé ( 18 ans ? ), à travers une succession de rencontres. Vous serez heureux de retrouver les enfants perdus, la fée clochette, Crochet, Lili la tigresse, les sirènes… Ces aventures nous sont contées telles des nouvelles. Ici pas de récit d’une grande aventure avec un début, une intrigue et un dénouement. Nous sommes davantage face à un patchwork de scènes où le héros est tiraillé par ses doutes, ses peurs. Mais chapitre après chapitre, ce qui paraissait comme décousu prend forme. Une forme abstraite et poétique, dans cet univers onirique!

Autre prise de risque de l’auteur : Le style « littéraire » et métaphorique qui renforce l’ambiance onirique. J’ai eu de très beaux moments pendant cette lecture notamment car la plume est délicate, et sans doute aussi car j’ai apprécié la présence de personnages nuancés et matures. Je dois être cependant honnête. Certains passages m’ont laissés comme hébété. Une sensation d’avoir lu une jolie phrase ou paragraphe sans en avoir pleinement saisi le sens…

Ce Peter Pan, c’est aussi le notre. Chacun aura ses propres moments forts à la lecture du livre en fonction de son vécu, de ses expériences et de ses plaies intérieures. C’est le genre d’ouvrage qu’on ne lira pas de la même manière à 15 ans qu’à 30, 40, 50 ans… J’ai particulièrement apprécié le passage avec le crabe et ce qu’il cherche à nous dire…

Moi, Peter Pan n’est pas un roman parfait. Par son foisonnement, ses questionnements et ses métaphores ou encore son style d’écriture, ce roman peut paraitre confus par moment. Mais comme le héros qu’il met en scène,  c’est un roman vivant, touchant et plein de sensibilité.

Je vous le recommande. Si vous aimez Peter Pan original pour les idées qu’il fait émerger, vous devriez apprécier cette version plus mature. Un roman qui touche à l’âme n’est pas si courant. Et puis c’est « Peter Pan, bordel »!

Ma note : 4 Stars

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La musique et moi

Mon rapport à la musique. Difficile à décrire. J’écoute souvent des morceaux pour me divertir. Mais peu arrive à réellement m’émouvoir, à parler à mon âme. Parfois, comme un écho au loin, une vibration, un titre vient tout chambouler. Je suis contraint de baisser la garde, de baisser les barrières. Surpris, voire sidéré par cet artiste qui a su produire un titre bouleversant mon intériorité. Une résonance se créé et j’ai alors le sentiment d’être ailleurs, d’être partout. Une énergie nouvelle me parcourt.
Comment ne pas vouloir dès lors partager cette émotion, ce sentiment si puissant ? Le problème c’est que nous sommes tous différent et que ce qui m’a emporté pourrait vous laisser de marbre, ou simplement vous effleurer sans jamais vous transpercer.
Parfois, par chance, une personne ressent, comme vous, sur un ou quelques titres que vous chérissez une profonde émotion. Mais il s’agit de son émotion, avec ses nuances. Vous aviez espéré entrer en résonance ensemble, partageant un moment intense et si rare. Vous êtes dès lors ramené à votre solitude.
Mais un jour peut être quelqu’un aussi ressentira ce que je ressens face à la musique. Percevant cette vibration de la même façon, la laissant envahir son intériorité, baissant sa garde, vibrant de tout son être guidé par la mélodie et parfois le chant. Ce jour là, j’aurais sans doute trouvé l’âme sœur.

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Délivrances – Toni morrison

Éditions 10/18
192 pages

Résumé du livre

Bride est une femme magnifique. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Pourtant, elle a aussi été un choc à sa naissance pour ses parents. La jeune fille est prête à tout pour gagner l’amour de sa mère, même à commettre l’irréparable. Au fil des années, Bride connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge et du fardeau de l’humiliation, elle saura se reconstruire et envisager l’avenir avec sérénité

Mon avis

Nous suivons le parcours de Bride. Femme qui a connu le rejet par ses parents dès son plus jeune age à cause de sa couleur de peau. Après avoir rencontré le succès professionnel, elle se retrouve dans une période délicate et pleine de doutes. Doute sur sa relation amoureuse, doute sur le sens à donner à sa vie. Ce doute l’envahi, la dévore.
Pour se retrouver, elle aura besoin de panser les blessures du passé. Et c’est avec une sorte de voyage initiatique qu’elle y parviendra.

J’avais beaucoup entendu parlé du talent d’écriture de cette auteure américaine. Cette édition sortie chez 10/18 a fini de me convaincre au détour de ma librairie. L’écriture c’est bien là la force du roman. Le récit ne serait presque qu’un prétexte tant le sujet principal a déjà été traité tant de fois.
Je retiens principalement l’écriture acérée. Le rythme n’est pas parfait, la construction est parfois déstabilisante : passant d’une voix à une autre. Mais le message est bien là, amené subtilement par petits morceaux comme pour nous décrire ce processus de construction d’un individu par talonnement, par étape.
Je n’ai pas pu lâcher ma lecture même si parfois je ne saisissais pas où l’auteur me conduisait. Des sujets lourds sont abordés et apparaissent parfois de manière inattendu.

Je pensais avoir affaire à un énième livre sur la question raciale aux états unis. Finalement il s’agissait d’un thème en toile de fond. Les fardeaux de l’enfance de Bride sont ses tourments, elle va tenter de s’en délivrer.

Toutefois, Je reste partagé sur ce livre. L’histoire ne m’a pas autant ému qu’espéré mais l’écriture m’a conquis. J’ai d’ailleurs acquis Home de la même auteure.
Je ne peux que recommander de découvrir l’écriture de Toni Morrisson qui marquera à coup sûr.

Ma note : 4 Stars

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Nina bouraoui – Avant les hommes

Éditions Folio
96 pages

Résumé du livre

C’est l’histoire d’un garçon qui vit seul avec sa mère dans un petit pavillon non loin d’une cité. C’est l’histoire d’un été, saison dangereuse et violente. C’est l’histoire de Jérémie, de son obsession pour Sami. L’histoire d’une désertion aussi. La jeunesse est un état sauvage où tout peut arriver, tout peut se détruire, parce que tout tient sur une seule force : le désir. Dans Avant les hommes, Nina Bouraoui décrit, avec la grâce et la volupté d’une écriture envoûtante, les fragilités de l’adolescence et nous offre un roman incandescent et sensuel.

Mon avis

Pas de fioriture puisque le roman est court : 96 pages, chaque mot a son importance.

Jérémie est un jeune homme tiraillé, tourmenté. Il aime, il désire, il fantasme, il est presque obsédé par un jeune homme vivant dans la cité voisine. Cet amour caché, presque impossible l’oppresse. Il alterne entre moment fort et profonde tristesse. Comme si cela ne suffisait pas, il réalise que sa mère n’a peut-être pas été le modèle idéal. C’est en quelque sorte la fin de l’innocence pour ce jeune. Le désenchantement. Mais aussi les pulsions poussées par le désir, comme interdit qu’il tente d’oublier parfois avec la drogue. Il est face à un avenir qu’il redoute.

Le sexualité prend une place importante., et Sami ne sera pas le seul objet de ce désir. Jérémie est en plein questionnement. Il nous parle de ses douleurs. Il est face à ses propres failles, ses contradictions. Il est à la fois effrayé et porte en lui l’espoir. Le corps prend une place importante dans le roman. Comme pour rappeler que le désir est aussi corporel.

C’est un roman qui traite de cette période de transition. Ni vraiment ado, ni vraiment adulte.

Par moment mélancolique, par moment flamboyant, souvent sauvage comme peut l’être cette période de transition pour ces jeunes.

Ma note : 4.5 Stars

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